Après six mois passés derrière les barreaux pour des faits d’abus de confiance, Joël, 28 ans, a de nouveau succombé à la tentation du gain facile. En se faisant passer pour un envoyé des prêtres d’une paroisse, le papetier a réussi à se faire livrer une importante quantité de rames de papier auprès d’un fournisseur sans toutefois payer un rond du montant équivalent. C’est ce qui lui a valu une nouvelle peine d’emprisonnement (12 mois) et une amende de 500 000 F CFA lorsqu’il a comparu le 28 septembre 2021 devant le Tribunal de grande instance de Ouagadougou.

La vie avait pourtant repris son cours normal pour Joël qui avait fini de purger six mois de prison pour des faits d’abus de confiance. Mais parce qu’il a un faible pour le gain facile, le jeune homme de 28 ans est de nouveau dans… la merde.

Avant de porter la casquette de libraire-papetier, Joël est d’abord un informaticien spécialisé dans la maintenance. Il faut le dire, la réparation des ordinateurs ne lui permet pas de joindre les deux bouts. C’est pour ça que son atelier lui sert aussi de librairie et de papeterie. Personne ne lui en veut pour cela. N’est-ce pas d’ailleurs un richissime homme d’affaires qui  conseille à qui veut obtenir cent rats de creuser trois-cent trous ? Et bien Joël l’a bien compris. Ce qu’il a seulement oublié c’est que le travail doit toujours s’accompagner d’honnêteté, comme le suggérait l’écrivain Benjamin Franklin. Enfin ! Il l’a su à ses dépens !

La première fois que Joël a eu maille à partir avec la justice, c’était en 2019. Chez un commerçant grossiste, le papetier s’était fait livrer à crédit des rames de papiers et n’avait pas tenu sa promesse de rembourser la dette. Et  c’est  cette mauvaise foi qui lui avait valu les six mois d’emprisonnement.

Et voilà le bientôt trentenaire encore dans une histoire de faux. Encore un sombre deal de rames. C’est à croire que les six mois passés derrière les barreaux ne lui ont servi à rien comme leçon. De lui, d’aucuns diront que Bon Dieu a abandonné un de ses enfants malhonnêtes. Avec juste raison ! Cette fois, c’est avec une fausse bénédiction de religieux que Joël a commis son forfait. En substance, il s’est présenté à un autre commerçant grossiste, que nous appellerons Abdoulaye,  comme mandataire des prêtres d’une paroisse, pour ne pas citer l’Eglise catholique de Gourcy. Les religieux, selon l’escroc déguisé, veulent des lots de rames mais ne disposent pas des fonds nécessaires. En clair, ils souhaitent que la marchandise leur soit livrée et l’argent payée plus tard. Tellement vraisemblable que le grossiste n’a pas hésité à conclure le marché, pourtant estimé à plusieurs briques. Sans doute en fourmillant l’espoir d’obtenir en retour son fric avec en bonus une divine bénédiction. Mais hélas !

12 mois ferme

Après la livraison, Joël est devenu injoignable. Le délai de paiement du crédit a expiré. Mais rien ! Désespéré, Abdoulaye entreprend des démarches pour entrer en contact avec les paroissiens. Auprès de ces derniers, le commerçant grossiste découvre que rien de ce que lui a servi son partenaire d’affaires ne repose sur du vrai. Il a purement et simplement été roulé dans la farine. Pour obtenir gain de cause, il ne lui reste plus qu’à saisir la justice. Chose faite, la police a mis la main sur Joël qui a été déposé à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou.

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Présenté devant le tribunal de grande instance de Ouagadougou, le trentenaire n’a pas nié les faits à lui reprochés. Raison visible de son audition expéditive. Aussi brève qu’a  été le passage du prévenu à la barre, les observations du parquet n’ont pas, en effet, été nombreuses à son sujet. Mais avant de requérir qu’il plaise au tribunal de condamner le mis en cause à 12 mois de prison ferme et une amende de 200 000 F CFA, le ministère public s’est attardé sur le caractère particulier de la commission de l’infraction : « On a l’habitude de voir plusieurs façons d’escroquer autrui mais  la vôtre reste singulière puisque vous avez agi au nom de religieux.  Eh bien, on est tenté de dire que vous avez osé escroquer Dieu qui, certainement, n’en est pas content », a indiqué le parquet, décontractant ainsi l’ambiance dans la salle.

En réaction aux réquisitions, Joël a demandé la clémence des juges, jurant, la main sur le cœur que ce sera la deuxième et la dernière fois qu’il s’embourbe dans du faux. Mais les juges ne l’ont pas pris au mot. Enfin ! « Qui a escroqué escroquera », se sont-ils dits probablement. En effet, le jeune homme a été condamné à 12 mois de prison ferme ainsi qu’à une amende de 500 000 F CFA. Dommage pour lui ! Récidiviste de son état, il savait bien qu’il ne pouvait espérer mieux.

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Lorsqu’il humera de nouveau l’air frais de la liberté, Joël tâchera, comme il l’a promis, on l’espère, de mettre de l’honnêteté dans son business. Nul doute, les occasions de gains faciles ne manqueront pas de lui sourire. Mais il n’aura pas le choix que de résister à la tentation s’il ne veut pas retourner pour une troisième fois en tôle. Il n’aura pas le choix que de se démarquer de ce conseil de l’écrivain Oscar Wilde qui avait affirmé que « le seul moyen de se délivrer d’une tentation, c’est d’y céder ». Eh bien, mieux vaudra pour le trentenaire de résister, quitte à « rendre son âme malade à force de languir ce qu’elle s’interdit ».

Bernard Kaboré

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