La 6e rencontre bilan de la mise en œuvre de la gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans a eu lieu ce vendredi 9 octobre 2020 à Ouagadougou. Selon les autorités, depuis le lancement en 2016 de cette mesure, 70 millions de prestations, pour un coût d’environ 120 milliards de FCFA, ont été offertes gratuitement. Nous vous proposons, ci-dessous, le discours du Premier ministre, Christophe Dabiré.

Le ministre de la Santé, Claudine Lougué (en robe), en compagnie de trois de ses prédécesseurs

Un sage a dit un jour : « Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences. ».  Il a été suivi par un autre, tout aussi illuminé, qui s’est voulu plus pragmatique en déclarant : « L’amour ne se chante point, il se vit. ».

Mesdames et Messieurs,

Voici bientôt cinq ans que le Président du Faso, Son Excellence Roch Marc Christian KABORE posait déjà les bases de sa vision, fondées essentiellement sur des valeurs qui se croisent avec celles énoncées par de grands sages, que je citais précédemment. Il s’agit principalement de la justice sociale, la solidarité et la participation responsable de tous au développement de la nation, et de l’égalité d’accès aux services sociaux de qualité.

Accompagné par le peuple burkinabè qui croit avec lui qu’un mieux-être pour chaque Burkinabè est possible, qui espère un contrat social de type nouveau pour se redonner espoir, le Président du Faso nous a engagés à opérer avec ce peuple, les changements nécessaires à l’accomplissement de ses attentes.

 Aujourd’hui, les Burkinabè de toute catégorie sociale, surtout les plus vulnérables, constatent avec bonheur, que dans le secteur de la santé, dès le 02 mars 2016, le Conseil des Ministres, sous l’égide du Chef de l’Etat, a adopté les mesures historiques de la gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans. Ces mesures ont concerné au départ la gratuité du dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus, la gratuité des soins pour les enfants de moins de cinq ans, la gratuité des césariennes, la gratuité des soins pour les femmes enceintes et la gratuité des accouchements.

L’opérationnalisation de cette décision emblématique s’est voulue progressive, et a débuté le 02 avril 2016 dans trois régions pilotes (Centre, Hauts-Bassins et Sahel), puis a été étendue dès le mois de juin 2016 à toutes les régions du territoire national.

Le 26 décembre 2018, le Gouvernement élargissait le paquet de soins couverts par les mesures de gratuité, en y intégrant la gratuité des soins et services de planification familiale qui, à ce jour, couvre l’ensemble du territoire national. Cela traduit toute une dynamique d’amélioration continue de l’offre de soins, signe d’une volonté d’aller progressivement, mais fermement et de façon résolue, vers un niveau de plus en plus relevé dans la satisfaction des besoins des populations en matière de santé.

Mesdames et Messieurs,

Le choix prioritaire porté sur la femme et l’enfant de moins de cinq ans est soutenu par des évidences scientifiques qui montrent que la mortalité est élevée au niveau de ces deux cibles vulnérables, et l’un des déterminants fondamentaux de cette mortalité est la difficulté d’accès à des soins de santé de qualité. A ce titre, les réflexions se croisent et admettent que, parmi les nombreuses barrières pouvant expliquer les difficultés d’accès à la santé, l’obligation faite à l’usager de payer les prestations de soins représente un obstacle de première ligne. Et je suis parfaitement d’accord avec Jim Yong Kim, Président de la Banque Mondiale en 2013, quand il déclarait que « Même des frais très modestes peuvent nuire considérablement à l’utilisation des services requis… ».

Dès lors, lever la barrière financière d’accès aux soins de santé apparait comme un impératif moral, hautement social, et à très fort impact sur les chances de survie des enfants et des femmes. Que le PNDES ait accordé une place de choix aux mesures de gratuité dans son axe 2 « développement du capital humain », avec comme premier effet attendu « l’accès aux soins de qualité est garanti à tous », n’est que justice sociale, qui permet d’atténuer fortement le fardeau du paiement direct des soins, pour une meilleure protection des populations contre le risque financier lié aux dépenses directes de santé. C’est tout le sens des efforts du Gouvernement.

Au-delà des retombées positives certaines sur le bien-être général des populations, aussi bien des bénéficiaires directs que sont les femmes et les enfants, que des bénéficiaires indirects que sont les ménages, cet engagement respecté du Chef de l’Etat permet au Burkina Faso d’honorer ses obligations vis-à-vis de la communauté internationale dans le cadre de l’atteinte de la couverture sanitaire universelle d’ici 2030.

Il est parfaitement en phase avec le mouvement mondial pour la Couverture sanitaire universelle, dont le slogan est « ne laisser personne de côté ».

 Mesdames et Messieurs,

Les sages nous enseignent encore que ‘‘nous pouvons rêver, créer, concevoir et construire la chose plus merveilleuse au monde mais nous aurons besoin des gens pour transformer notre rêve en réalité’’.

Ils nous disent aussi, que la valeur d’une idée réside dans son utilisation. Mais nous savons aussi que l’œuvre humaine se caractérise par des fluctuations qui appellent à des critiques, et la sagesse populaire nous édifie à cet effet, en faisant observer que « La critique est une chose que vous pouvez éviter facilement en ne disant rien, en ne faisant rien et en n’étant rien ».  C’est tout dire !

Mesdames et Messieurs,

Cinq ans de mise en œuvre des mesures de gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans, quel bilan peut-on tirer en termes d’acquis, de difficultés et surtout de perspectives ?

Cette 6e rencontre nationale de suivi de la mise en œuvre est l’occasion d’examiner ensemble les principaux acquis que nous devons consolider, mais également les difficultés que nous devons identifier et corriger.

D’avril 2016 à juin 2020, les agents de santé ont offert gratuitement près de 70 millions de prestations pour un coût d’environ 120 milliards de FCFA. L’Etat en prenant cette charge financière à la place des familles contribue à plus d’un titre à l’amélioration de l’état de santé de la population, à la préservation d’une partie des revenus des ménages destinés à la santé, et à une meilleure santé financière des formations sanitaires en intervenant comme tiers payant.

Je voudrais donc féliciter et encourager tous les acteurs, en commençant par les agents de santé en contact avec les bénéficiaires, pour les efforts déployés dans le contexte qui est le nôtre.  Je vous invite à la persévérance car dit-on, « la persévérance dans une idée juste en amène le succès tôt ou tard. ». 

J’invite les différents responsables administratifs, chacun en ce qui le concerne, à veiller continuellement à l’amélioration de la gouvernance dans la mise en œuvre des mesures de gratuité, afin de venir à bout des difficultés qui peuvent compromettre la jouissance effective de ses bénéfices par les populations. Je fais allusion principalement aux situations de retards dans le positionnement des ressources financières aux formations sanitaires, aux ruptures en médicaments, aux cas de malversations, et également à l’utilisation irrationnelle des soins gratuits par certains bénéficiaires.

Par ailleurs, je lance un appel aux partenaires techniques et financiers à maintenir leur soutien au dispositif pour davantage de résultats, et aux organes de contrôle à intensifier leurs actions pour réduire au maximum les comportements défavorables à l’effectivité de la gratuité des soins.

Mesdames et Messieurs,

C’est sur ces mots que je déclare ouverte la 6ème rencontre bilan sous le thème : « La gratuité des soins au profit des femmes et des enfants de moins de cinq ans au Burkina Faso, un pas décisif et effectif pour l’atteinte de la couverture sanitaire universelle : acquis, défis et perspectives après cinq ans de mise en œuvre »

Vive le Burkina Faso !

Je vous remercie !

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