Actualités

Djibo : « nous sommes devant une grosse inconnue »

  • les terroristes d’un côté, chaque jour, par la terreur oblige les populations des villages et quartiers périphériques à se masser au centre ville. Hier lundi 21 février, un Château d’Eau et les conduits d’eau de l’ONEA auraient été dynamités, rendant l’approvisionnement en eau des Djibolais encore plus compliqué.
  • De l’autre côté, le détachement militaire, pour l’instant ne mène pas une action visible et sue du public pour desserrer l’étau sur les populations. Ces derniers jours, il y a des vols réguliers d’hélicoptères sur la ville suivis parfois d’explosions, sans qu’on ne sache si ce sont des tirs sur les positions des djihadistes.

Le constat est que chaque jour, les terroristes continuent de faire pression en massant les populations au Centre ville ? À quoi répond cette stratégie de ces terroristes que l’on dit de plus en plus courroucés et décidés à en découdre ? Les quelques personnes ressources de Djibo qui ont déféré à la convocation des terroristes sont revenus médusées.

Du côté du détachement, aussi, c’est le silence quasi total. Quelques concertations avec des leaders locaux mais rien vraiment de clair sur les intentions.
Dans la matinée d’aujourd’hui mardi, 22 février, une action de blocage des entrées de la ville aux terroristes serait en cours. Les éléments du détachement appuyés par les VDP seraient en train de se déployer. On espère que cela puisse apporter du répit aux populations. Cette action devrait aussi protéger les infrastructures vitales de la ville ; Château d’Eau, centre de santé et les pilonnes du dernier opérateur téléphonique encore en marche.

Malgré tout l’inquiétude demeure. Surtout si les deux armées avec des armements terribles devraient s’affronter avec les populations civiles amassées au milieu ?

Les terroristes ont montré qu’ils pouvaient tirer des obus. Quelques uns de ces tirs sur le détachement, il y a quelques semaines, avaient manqué de précisions. Sauf si intentionnellement, les artificiers terroristes avaient simulé une maladresse à dessein.
En face, on n’a pas vu qu’il en a été fait une autre lecture. En d’autres temps, l’origine de la menace aurait été recherchée et traitée, plutôt que d’ironiser sur l’amateurisme de ces artificiers sans-culotte. On s’imagine évidemment que le régiment et notre armée sont bien renseignés sur l’état des forces et les équipements de ceux d’en face.

Ce qui est une préoccupation, c’est quel tribut en sang les populations de Djibo vont payer dans un affrontement qui chaque jour devient inévitable ?

Bientôt le premier mois du MPSR au pouvoir !
Quel bilan ?

Sur le plan sécuritaire ; ces 30 premiers jours du MPSR n’ont vu sur ce front, ni accalmie, ni gel des positions, encore moins le recul des offensives terroristes. Le constat est partout une aggravation de la situation, une augmentation de la peur des populations, l’élargissement des zones grises sans accès au téléphone, la poursuite de la destruction méthodique des infrastructures de l’Etat dans les communes, les deguerpissements des populations des villages et des secteurs pour être massées en un seul lieu.
Il y a comme une volonté des terroristes de multiplier des situations semblables à celle qui prévaut actuellement à Djibo. Le MPSR s’est-il préparé à une éventualité de fronts multiples et simultanés ? Pour l’instant comme Roch, Damiba est aussi diésel. Les impertinents disent « pétrole ».

Sur le plan politique : les MPSR s’est légalisé, son président a été oint des attributs du président du Faso;

  • la commission de rédaction de la charte et de l’agenda de la transition est sur le point de finaliser ses rapports.
  • le président Damiba, a eu au bas mot 90 audiences et concertations

Sur le plan de l’ambiance générale : les premières bourdes ou maladresses ont provoqué les premiers craquèlements de la bienveillance populaire qui avait accueilli l’avènement de la junte.

Il y a comme un début de desanchantemment face à ce qui est perçu comme une absence de cap des militaires. Il point à l’horizon un doute sur la capacité réelle à gouverner des justiciers du 24 janvier.

Pour l’instant la contestation n’est pas ouverte, mais elle sourde au regard des audios ( les vocales pour parler prosaïquement) qui font le buzz sur les réseaux sociaux.

A quoi s’attendre ?

Sans être devin;
Nous sommes devant tous les possibles, si la stratégie du MPSR ne change pas.
On peut donc s’interroger, sans faire dans la mauvaise langue ;
Après le coup d’état le plus bête au monde en 2015, allons-nous assister au coup d’état le plus éphémère au monde?
Quand on montre la lune à l’idiot, il s’acharne sur le doigt.
Allah aide, ceux qui s’aident !

Newton Ahmed Barry

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page