Bientôt, des agents de la catégorie B du ministère de l’Education nationale auront la possibilité de se faire reclasser en catégorie A3. Mais à condition de prendre part à des examens professionnels qui auront lieu en septembre prochain. Ces examens, qui concernent environ 39 000 travailleurs, sont présentés comme « avantageux » par le ministère en question qui a organisé, conjointement avec le département de la Fonction publique, une conférence de presse ce vendredi 19 août 2022 pour en expliquer les contours.

Des animateurs de la Conférence, le DRH du ministère de l’Education nationale, Hermann Kaboré au centre

C’est « une avancée » qui entre dans sa phase opérationnelle et qui sonne comme un ouf de soulagement dans le milieu des éducateurs burkinabè. Et en conviant la presse à cette conférence de presse, le ministère de l’Education nationale n’a pas voulu seulement faire saisir les implications des deux examens professionnels annoncés, il a voulu également que soit « mesurés conséquemment les efforts fournis par l’Etat », comme l’a souligné l’un des conférenciers, Hermann Kaboré, directeur des ressources humaines dudit ministère. De bonne guerre, car pendant des années, des milliers d’agents n’attendaient que cette possibilité leur soit accordée, chose qui nourrissait d’ailleurs un bras de fer entre les syndicats et le département de tutelle.

Ça y est : désormais, les Educateurs de la petite enfance et les Professeurs certifiés des écoles pourront passer de la catégorie B à A3. Pour le reclassement dans ces deux emplois, il suffira de passer un examen, ce qui relevait de l’impossible de par le passé. En effet, la catégorie A 3 n’existait pas dans les emplois de la petite enfance. Seuls étaient accessibles aux emplois classés dans la catégorie A : les ex-instituteurs certifiés, les conseillers pédagogiques et les inspecteurs de l’enseignement du premier degré. Et avec moins de souplesse car ces emplois étaient extrêmement sélectif et contingenté puisqu’il fallait passer des concours. « Ainsi, le nombre total des postes à pourvoir pour ces trois emplois cumulés était de moins de 500. La grande majorité des Instituteurs certifiés restait donc bloquée dans la catégorie B », explique Hermann Kaboré.

L’allègement des conditions d’accès à la catégorie A au niveau de la petite enfance et du primaire par examen professionnel est rendu possible grâce à la signature en janvier 2018 d’un protocole d’accord entre le gouvernement et la Coordination nationale des syndicats de l’éducation (CNSE) qui a prévu l’adoption d’un statut valorisant au profit des personnels de l’éducation et de la recherche. Puis, ce statut particulier a été adopté fin mars 2020.

Pour l’année 2022, l’effectif estimatif des Educateurs de la petite enfance remplissant les conditions pour prendre part à l’examen professionnel annoncé est d’environ 800. Quant aux candidats susceptibles de passer à la catégorie A3 via l’examen professionnel, leur nombre est d’environ 38500, selon les conférenciers.

Dans quelles conditions les deux emplois sus-cités sont-ils accessibles ? Selon les conférenciers, il suffit pour le candidat d’obtenir la moyenne requise (10/20) pour être admis. Et ce n’est pas l’unique avantage par rapport aux concours anciennement organisés. « Si après l’admission au concours  il faut attendre un ou deux ans après la sortie de l’école de formation avant d’être reclassé, avec la formule de l’examen, le reclassement intervient dès le 1er janvier de l’année suivant celle de l’admission », a indiqué Hermann Kaboré. Et ce n’est pas tout, « le changement catégoriel a un impact positif sur le revenu et les indemnités », selon le DRH du ministère de l’éducation qui cite, entre autres, l’indemnité de logement, sans oublier « une amélioration de la pension de retraite et la révision de l’âge limite de départ à la retraite, la possibilité d’accès à d’autres fonctions, … ».

Pour l’opérationnalisation de cette mesure, qui coûtera à la caisse de l’Etat un peu plus de 24 milliards de F CFA, les ministères de l’Education et de la Fonction publique se félicitent de tenir un engagement pris en faveur des enseignants. « C’est un pari gagné parmi tant d’autres. C’est la traduction d’une volonté politique affirmée », s’est réjoui le responsable des ressources humaines du département de l’Education nationale.

Bernard Kaboré

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