En mars 2015, une attaque au Mali a visé un convoi de la MINUSMA  et a coûté la vie à un casque bleu et un soldat malien. Deux Burkinabè sont cités parmi les auteurs de cette attaque : Harouna Sinaré et Ousmane Kindo. A la faveur  d’une session de jugement de la chambre correctionnelle du pôle judiciaire spécialisé du tribunal de grande instance de Ouaga II, les deux prévenus sont les tous premiers à comparaître, ce 9 août 2021, devant la justice burkinabè pour faits de terrorisme.

Pour la première fois, de présumés terroristes sont jugés sur le sol burkinabè. Et ça se passe dans le 11e arrondissement de Ouagadougou, précisément au sein du tribunal de grande instance de Ouaga II qui a ouvert ses portes il y a à peine trois mois.

Il fallait s’y attendre : l’ouverture de la présente session de jugement, qui court du 9 au 13 août 2021, a connu une ambiance qui n’a pas été celui des jours ordinaires. Chose qui a vite retenu l’attention de plus d’un, le dispositif sécuritaire renforcé tout autour et dans l’enceinte de l’institution judiciaire. Tôt le matin, les forces de sécurité ont investi les lieux. Pickups positionnés aux alentours, des éléments postés à chaque entrée, un rat ne passerait pas inaperçu.

Pour accéder à la salle d’audience, il fallait montrer patte blanche dès le poste de contrôle principal. Et pas que, interdit de garder son téléphone allumé dans la salle. Pour le respect de cette dernière consigne, la vigilance semble de mise chez les gardes de sécurité pénitentiaire.

Dans l’attente de l’ouverture de la session, la salle assiste à des va-et-vient incessants des gardes qui procèdent à de derniers réglages. Entretemps, deux hommes, les mains menottées, sont conduits dans le box des prévenus par des éléments armés jusqu’aux dents. L’un en boubou kaki, l’autre sous une chemise blanche, le duo s’attire tous les regards, en lieu et place des clichés d’appareils photos.  

Quelques minutes après, les membres du tribunal sont annoncés, puis prennent place. Non sans avoir situé le contexte dans lequel se tient le jugement, le président a appelé à la barre les prévenus que sont  Harouna Sinaré et Ousmane Kindo. Le premier ci-dessus cité est né en 1987 dans le Yatenga. Selon l’ordonnance du juge d’instruction qui les renvoie devant la chambre correctionnelle du pôle spécialisé du TGI Ouaga II, ils sont liés par les mêmes faits.

Pas moins de cinq chefs d’accusation pèsent sur Harouna Sinaré : association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, détention illégale d’armes à feu, assassinat volontaire, tentative d’assassinat, détérioration de biens mobiliers et immobiliers, faux en écriture publique,… Ousmane Kindo, est, lui aussi, poursuivi pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes, entre autres. Selon l’ordonnance de renvoi, Ousmane Kindo et Hamadou Sinaré sont, en fait, impliqués dans des activités terroristes, notamment au Mali voisin où ils ont participé à  la planification d’attaques.

« Je reconnais partiellement…»

Répondant à l’appel au djihad d’un chef terroriste, Harouna Sinaré, s’est rendu, en 2012, à Tombouctou, au Mali. Il s’y est fait enrôler par une police islamique, puis apprend le maniement des armes auprès du groupe terroriste Ansar Dine.  Sinaré en serait, lui-même, devenu instructeur. Rejoint par Kindo, une ancienne connaissance,  les deux hommes participent à des planifications d’attaques avec des cibles au Mali, au Burkina et au Niger. L’une de leurs dernières attaques en date serait celle qui a visé, en 2015, un convoi de la MINUSMA et qui a coûté la vie à un casque bleu originaire du Bangladesh ainsi qu’un soldat malien. De retour au Burkina, les deux présumés terroristes ont été interpellés par la gendarmerie suite à une dénonciation, alors même que l’un d’eux, Harouna Sinaré était en possession de deux grenades dissimulées. Placé sous mandat de dépôt, ce dernier aurait d’ailleurs entrepris des prêches en prison et promettait de se venger de l’Etat, selon des déclarations d’un codétenu.

A la barre, ce sont deux prévenus qui ont nié en bloc les faits à eux reprochés, sauf la détention illégale d’armes que Harouna Sinaré dit reconnaitre partiellement. Même s’ils avaient déclaré, chacun, être prêts pour leur jugement, les deux mis en cause qui ne se sont pas présentés avec des conseils devant les juges ont souhaité un renvoi de leur dossier à une date ultérieure, le temps de trouver des avocats. Le principe du renvoi acté, le jugement du dossier est reporté à  une date non déterminée.

Ce premier dossier du jour ainsi renvoyé, un autre a été appelé. Ousmane Moussa Dicko, prévenu pour association de malfaiteur, dégradation volontaire de biens et détention illégale d’armes, ne tardera pas à quitter la barre. En cause, son procès a, lui aussi, été renvoyé, lui dont le conseil n’était présent.  Ainsi suspendu après l’examen de deux dossiers, la session reprendra ce 10 août, avec deux autres dossiers.

Bang-sida Simbé

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