Dans la déclaration ci-après, le Centre Koglyaka et de conciliation (CKC) lance un appel à la mobilisation pour soutenir les déplacés internes.  

Photo d’illustration

A l’aube du nouvel an, nos pensées se tournent inexorablement vers une catégorie de Burkinabè : les personnes déplacées.

Ici et là, les marchés, les supérettes et autres magasins regorgent de clients qui achètent des gadgets à des prix exorbitants. Tous les moyens sont mis en œuvre pour que la fête soit inoubliable. On se taille une nouvelle coupe de cheveux, on s’offre de belles tenues assorties aux chaussures que l’on compte  porter le jour-j.

Pendant ce temps, il y a, parfois à côté de nous, certains de nos concitoyens qui vivent dans la misère et dans l’oubli total. Il nous arrive de les remarquer lorsque nous nous arrêtons à certains feux tricolores car, en effet, depuis que le terrorisme a gagné du terrain dans notre pays, les rues de la capitale sont chaque jour pris d’assaut par un nouveau type de mendiants auxquels il nous arrive de donner une petite pièce et de continuer ensuite notre chemin comme si de rien n’était. Mais est-ce pour autant que l’on contribue à résoudre le problème ?

En tant que citoyen burkinabè, nous pensons que non. Où est passée la mobilisation que nous avons tous vue à l’apparition des premiers cas de covid19 le 9 mars dernier dans notre pays ? Pour quelques malades de coronavirus, les hommes forts et les grandes institutions étaient tous sur le pied de guerre. Alors que, comparativement, nous étions, à la même période (le 25 mars 2020) à 838 548 déplacés internes, selon le rapport périodique du CONASUR (Conseil national de secours d’urgence et de réhabilitation). Ce chiffre a depuis dépassé la barre de 1 million. Ainsi, à la date du 17 août 2020, le CONASUR recensait au total 1 013 234 déplacés internes.

Nous sommes tout à fait d’accord avec ceux qui pensent que comparaison n’est pas raison et qui soutiennent que la santé passe avant tout le reste. Mais une personne qui a faim est-elle en bonne santé ? Une personne qui n’a pas de nid pour reposer sa tête peut-elle être, de quelque manière que ce soit, utile à la nation ? Non ! Et si nous ne faisons rien, nous risquons tous d’en payer le prix. Ces milliers d’enfants déscolarisés n’auront d’autres choix que de sombrer dans la délinquance car, pour espérer trouver quelque chose à se mettre sous la dent, c’est dans nos maisons qu’ils viendront voler, c’est dans nos rues qu’ils s’attaqueront à nos biens.

C’est vrai que des citoyens se sont mobilisés au départ pour apporter des soutiens multiformes à ces Burkinabè. Il est vrai aussi que le gouvernement fait des efforts à ce niveau. Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dans son discours d’investiture prononcé le 28 décembre 2020, s’est d’ailleurs engagé à gagner le pari de la sécurité et de la stabilité dans notre pays et d’assurer le retour des déplacés. Mais ne pouvons-nous pas, nous citoyens, mettre en place des initiatives en attendant la concrétisation de cette promesse, surtout quand on entrevoit la possibilité que ce n’est pas demain la veille ? A notre avis, c’est le moment d’envisager certaines solutions, notamment le parrainage social pour ces enfants en situation de vulnérabilité. Il s’agit de recevoir un enfant chez soi pour contribuer à son éducation dans tous les sens du terme ou d’assurer sa scolarité si la structure familiale de celui-ci est toujours intacte. Le but est de créer la recevabilité communautaire en permettant aux uns et aux autres d’apporter leur soutien pour le bon déroulement de l’année scolaire 2020-2021 mais surtout de préparer celle à venir.

En plus de cette solution, chacun à son niveau peut apporter sa part de contribution. Qui un morceau de pain, qui un peu de riz, des vêtements qui prennent la poussière dans votre placard, des chaussures que vous n’avez plus envie de porter, des jouets dont vos enfants n’ont plus besoin, des livres qu’ils n’utilisent plus, etc. Si chacun donne ce qu’il a, on a une chance de mettre un peu de joie dans le cœur de ces personnes qui, par la même occasion, sauront qu’elles ne sont pas des oubliés de la République.

Et rappelez-vous de ce que Voltaire disait : « Le bonheur est souvent la seule chose que l’on puisse donner sans l’avoir, et c’est en le donnant qu’on l’acquiert ».

En ce qui nous concerne, nous comptons, à travers cette déclaration, lancer la machine pour mobiliser des ressources de toute nature afin de venir en aide à nos concitoyens. Etes-vous prêts à nous suivre ? Si oui, merci de nous contacter au 226 68 00 61 61.

Fait à Ouagadougou le 28 décembre 2020
Le Centre Koglyaka et de conciliation (CKC)

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