Veillée d’armes à la CENI ce 22 septembre : jusqu’à minuit, des agents  y feront le pied de grue pour réceptionner les derniers dossiers de candidature des postulants à siéger au Parlement à la prochaine législature. L’institution chargée d’organiser le scrutin va par la suite scruter le profil de chacun de ces prétendants à la députation pour s’assurer de leur conformité avec le code électoral. Avant cette étape de la CENI, les états-majors des partis politiques, décidés à prendre part à ce scrutin, ont passé des nuits blanches à confectionner les listes de leurs candidats.

En attendant de voir les listes des autres partis, notamment des principaux challengers du MPP  que sont l’UPC, le CDP, Agir ensemble pour le Burkina, les commentaires vont bon train sur celles du parti au pouvoir. On y note de grands absents mais aussi  la présence de 13 ministres, presque tous têtes de listes.

Au titre des grands absents, à tout seigneur tout honneur, le président du parti, Simon Compaoré. L’homme qui avait confié dans une interview à L’observateur Paalga, en février 2020, qu’il ne serait candidat à rien, a tenu parole pour les prochaines législatives. Ceux qui pensaient que le président du MPP lorgnait le perchoir du président de l’Assemblée nationale, c’est pourquoi il était contre le sursis de la tenue des législatives en 2020,  en ont eu  pour leurs conjectures fallacieuses.

 Outre Simon Compaoré, l’actuel Premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, n’est pas non plus candidat. L’homme voudrait reprendre le cours tranquille de sa douce retraite après la primature, qu’il ne ferait pas autre chose que de s’abstenir de redescendre dans l’arène des joutes électorales. On ne dira pas la même chose pour Clément P. Sawadogo, l’actuel vice-président du MPP. Bien que absent des listes des candidats à la députation, il est bombardé directeur de cabinet du candidat Roch Marc Christian Kaboré. Pas sûr qu’à ce poste, et vu son âge, Clément Sawadogo, prépare sa retraite de la vie politique.

Bissiri Joseph Sirima, économiste confirmé, qui a dirigé la mise en œuvre du premier Compact du Millennium Challenge account au Burkina, et dont le nom avait circulé comme un possible Premier ministre, est aussi absent des listes des candidats du MPP. Quand on sait qu’il y a postulé, cela ressemble à un désaveu de l’homme par l’actuelle direction du parti majoritaire.

Dans le cas d’espèce, depuis l’ODP/MT au MPP en passant par le CDP, il n’est pas rare que des militants du parti majoritaire, déçus de n’avoir pas été investis par ce dernier pour briguer un poste électif, aillent monnayer leurs talents politiques ailleurs. Ce nomadisme politique a de forte chance de se reproduire pour les législatives prochaines car, il sera impossible pour le MPP de comprimer les ambitions de ses cadres qui croient à leur bonne étoile mais ont été recalés des listes de candidature. Des démissions du MPP ne sont donc pas à exclure.

Par contre, pas moins de 13 ministres sur les 34 que compte l’actuel gouvernement sont sur les listes des candidats du parti majoritaire, soit plus d’un ministre sur trois. Du ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion nationale, tête de liste dans le Bam  au ministre de la Santé, 2e titulaire dans le Boulgou, ils sont en pole position pour tirer les listes MPP, au cours de cette campagne qui s’annonce difficile pour le parti au pouvoir : Lassané Kaboré, ministre des Finances est tête de liste dans les Balé ; Stanislas Ouaro de l’Education nationale, dans le Mouhoun ; Sagnon/Tou Madiara, ministre délégué à la Cohésion sociale, dans la Comoé ; Bachir Ismaël Ouédraogo de L’Energie au Sanmatenga ; Alpha Barry, des Affaires étrangères, dans le Kourweogo ; Eric Bougouma, des Infrastructures, dans le Ganzourgou ; Sanon Hadja Fatimata, de l’Economie numérique, dans le Houet ; Alkassoum Maïga, de L’Enseignement Supérieur, dans l’Oudalan ; Daouda Azipiou, des Sports, au Nahouri ;  Salif Tiemtoré, de la Jeunesse et de l’Emploi,  et Laurence Ilboudo/ Marchal, de la Solidarité nationale, sur la liste nationale.

Cette grande présence de ministres sur les listes du MPP peut présager aussi d’un grand chamboulement de l’exécutif, si Roch Marc Christian Kaboré est réélu. En effet, avoir un siège au Parlement peut être un bon point de chute pour un ministre éconduit de son fauteuil.

Le 22 nombre 2020, c’est bientôt ! On attend de voir si les grands absents préparent leur retraite politique et si les ministres, têtes de listes, tracteront le MPP vers la victoire.

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