Près d’une semaine après l’adoption des sanctions par la CEDEAO contre le Mali , les réactions fustigeant ces dites mesures ne cessent de pleuvoir à travers le monde. Au Burkina, l’opposition politique à travers son Chef de file, Eddy Komboïgo , n’a pas manqué de s’y prononcer. Pour le chef de file de l’opposition politique burkinabè, la CEDEAO est dans son rôle de faire respecter les règles démocratiques au seins des pays qui la composent mais , elle ne saurait en aucun cas s’ériger en arbitre de joute politique dans ce pays au point de refuser l’application d’une décision souveraine de ce pays. Par conséquent l’opposition demande la levée immédiate et sans condition de toutes ces restrictions. Et pour ce faire , elle exhorte le président du Faso à intervenir car à son avis, cela y va de l’atteinte de résultats probants dans le combat commun contre le terrorisme. C’est ce qui ressort de la déclaration du CFOP que nous vous proposons ci-dessous.

Eddy Komboïgo (au m.): “L’opposition condamne la mise au banc des accusés du Mali par la CEDEAO et l’UEMOA

Lors du double sommet extraordinaire de la CEDEAO et de l’UEMOA à Accra le 09 janvier 2022, une chape de plomb de mesures draconiennes s’est abattue sur le peuple frère du Mali. Nous disons bien le peuple frère du Mali, car en voulant sanctionner les autorités de la transition de ce pays, ce sont les populations toutes entières qui se trouvent sanctionnées. Et tout simplement parce que des décisions politiques, adoptées en toute souveraineté lors d’assises nationales, pour la conduite de la transition ne sont du goût des dirigeants des autres pays de la sous-région.

Parmi les décisions qui fâchent, il y a notamment celle portant sur la durée de la transition. Est-il besoin de rappeler les circonstances qui ont provoqué l’interruption de l’ordre constitutionnel et l’irruption des militaires dans la sphère politique au Mali ? En tout lieu et en tout temps, les tripatouillages électoraux, les gabegies des finances publiques, le non-respect des engagements pour l’amélioration des conditions de vie des populations ont toujours constitué autant de menaces sur les démocraties.

Il est bien vrai que la place des militaires est dans les casernes. Il est aussi vrai que le pouvoir se conquiert par les urnes et non par les armes. Sans être un adepte des coups d’état, force est de constater que lorsqu’un peuple estime avoir été trompé et floué par ses dirigeants, et que ce peuple se lève comme un seul homme pour réclamer justice, la chute de ces dirigeants en délicatesse avec leurs peuples devient une forme de réparation.

La CEDEAO, une organisation regroupant l’ensemble des pays de la sous-région, est dans son rôle de faire respecter les règles et les principes démocratiques au sein des pays qui la composent, mais ne saurait en aucun cas s’ériger en arbitre de la joute politique dans un pays, au point de refuser l’application d’une décision souveraine de ce pays. A cette allure, il ne lui resterait plus qu’à désigner elle-même les dirigeants des pays. L’UEMOA ne peut se passer du Mali, tout comme le Mali a besoin de tous les autres pays membres de cet espace économique, indispensables pour l’intégration et le vivre ensemble des peuples.

L’opposition politique burkinabè, par la voix de son Chef de file, condamne avec énergie la mise au banc des accusés du Mali par la CEDEAO et l’UEMOA. Elle demande la levée immédiate et sans conditions de toutes les mesures et toutes les restrictions qui frappent ce pays. L’opposition politique burkinabè est solidaire de toutes les forces vives du Mali dans leur lutte pour la dignité et le respect de la souveraineté de leur pays. Elle reste convaincue des vertus du dialogue pour une sortie de crise honorable dans le strict respect des intérêts supérieurs du peuple malien. Elle invite les autorités maliennes à revoir les délais de la transition pour demeurer crédible au yeux des institutions et de l’opinion internationale. 

L’opposition politique burkinabè suit par ailleurs avec attention les agitations de certaines puissances occidentales sur le Mali, et en appelle au sens élevé des responsabilités des uns et des autres pour éviter à des populations déjà durement éprouvées par la guerre une énième tragédie, car si cette situation de blocus du Mali devait perdurer, ce serait une crise humanitaire sans précédent pour ce pays et l’ensemble des pays de la région. L’opposition politique burkinabè s’étonne de la quasi-unanimité qui a prévalu au sommet d’Accra pour les sanctions contre ce pays, qui aurait sans doute apprécié un tel consensus et un tel soutien de la CEDEAO dans la guerre contre le terrorisme.

Le Chef de file de l’opposition politique exhorte le président du Faso Roch Kaboré à travailler pour une levée des sanctions contre le Mali en vue de l’atteinte de résultats probants dans le combat commun contre le terrorisme

Le CFOP demande au président KABORE de reprendre son bâton de pèlerin, en sa qualité de président en exercice de l’UEMOA , pour entrer en contact avec ses paires, afin de trouver une solution consensuelle avec les autorités du Mali pour préserver les intérêts du peuple frère du Mali, pays avec lequel le Burkina partage l’histoire, la population et la géographie avec plus de 1.000 km de frontières. Il y va de l’atteinte de résultats probants dans notre combat commun contre le terrorisme. C’est ensemble que nous vaincrons, ou alors c’est ensemble que nous périrons. Vive le Burkina Faso Vive le Mali Vive la fraternité et l’amitié entre les peuples. En avant pour la construction de l’unité de l’Afrique ! 

Honorable Eddie Komboïgo, chef de file de l’opposition politique du Burkina Faso

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