Politique

Demande de démission PM et ministre de la Défense : l’opposition persiste et signe

Le dialogue politique a-t-il permis à la classe politique de trouver un consensus sur de grandes questions qui préoccupent la vie de la nation ?  Oui,  ont admis majorité et opposition à la clôture des travaux ce 19 juin 2021. Tout de même une pomme de discorde autour de la question sécuritaire, l’opposition ayant réitéré sa volonté de voir démissionner le premier ministre pour insuffisance de résultats dans la lutte contre le terrorisme.

Les co-présidents du DPN, Eddie Komboïgo (à g.) et Simon Compaoré lors de la clôture des travaux

Pour emprunter au langage militaire, la classe politique sort tout juste d’une trêve de trois jours. Une trêve des divergences idéologiques pour se réunir autour des questions qui intéressent la nation entière. Et cela, à la faveur de la deuxième session du dialogue politique national (DPN).

A la clôture des travaux, l’image d’une opposition et d’une majorité qui savent privilégier l’intérêt supérieur de la nation était encore intacte. Pour s’en convaincre, il fallait être présent au point de presse conjointement animé par les deux co-présidents que sont le président du Mouvement du peuple pour le progrès, Simon Compaoré et le chef de file de l’opposition, Eddie Komboïgo. L’un, Simon Compaoré, étant délégué pour faire la restitution des travaux à la presse et l’autre, Eddie Komboïgo, pour apporter des compléments. Et derrière les deux, un groupe d’hommes politiques qui forment un bloc commun, sans distinction de chapelle.

Pour le chef de file de l’opposition, le Premier ministre Christophe Dabiré (photo) et son ministre de la défense doivent rendre le tablier

Comme inscrit à son ordre du jour, le DPN a abordé diverses questions, allant de la sécurité aux élections municipales de 2022 en passant par bien d’autres sujets.

Sur la  question sécuritaire, après avoir ‘’auditionné’’ le ministre de la défense, celui de la Sécurité et le chef d’état-major général des armées, le dialogue a constaté des avancées après la première session tenue en juillet 2019, a indiqué Simon Compaoré. Point de vue convergent entre opposition et majorité, des efforts restent à faire. Il s’agit par exemple de la mise en place d’un fonds d’initiative populaire pour renforcer les capacités d’acquisition de moyens de lutte antiterroriste, une recommandation de la première session du DPN.

Le 3 juillet pour la poursuite des discussions

Mais il n’y a pas que des efforts à accentuer, c’est aussi une question de stratégie et d’hommes, a vite relevé le chef de file de l’opposition au moment d’apporter des compléments aux  propos de son co-président, faisant noter une classe politique restée divergente sur certains points de la question sécuritaire. En effet, Eddie Komboïgo a réitéré une demande qu’il avait formulée quelques semaines plus tôt au nom de toute l’opposition politique: la démission du Premier ministre et du ministre de la défense « au regard du nombre des victimes de l’insécurité, au regard du nombre des personnes déplacées internes ». « La majorité ne nous a pas suivi dans cette position mais c’est la position de l’opposition », a déclaré Eddie Komboïgo.

Pour le reste des sujets abordés, dont la réconciliation nationale et la révision à minima du Code électoral en perspectives des municipales, le consensus a prévalu, à écouter les co-présidents du DPN. « Nous avons souhaité qu’il y ait à chaque étape des discussions préalables au sein de la classe politique avant que le comité d’orientation ne siège pour adopter définitivement le processus », a indiqué le chef de file de l’opposition au sujet de la réconciliation.

Sur la question de la relecture du Code électoral, les uns et les autres ont accordé les violons pour le réaménagement de différents points concernant notamment les documents de votation,  le vote dans les zones à fort défi sécuritaire, l’enrôlement des électeurs, les questions de nomadisme politique et de campagne déguisées. « Sur tous ces points, nous avons échangé et sommes parvenus à la désignation de quatre camarades qui vont retravailler sur chaque point pour que nous ayons une position définitive », a fait savoir Simon Compaoré.

Le 3 juillet se tiendra une autre séance de discussions au cours de laquelle le DPN reviendra sur certains points qui n’ont pas fait l’objet de consensus, dont l’élection au suffrage des présidents de conseils de collectivités.

Bernard Kaboré

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