Quand un opposant politique devenu membre du gouvernement s’exprime, tout le monde est tout ouï. C’est en tout cas ce qui s’est passé avec le président de l’UPC, Zéphirin Diabré, ancien chef de file de l’opposition politique, qui a été nommé ministre d’État chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale.

En liaison avec les autres partis qui soutiennent l’action du président du Faso, nous définirons bientôt les modalités de notre travail en commun, a déclaré Zeph

En effet, à l’occasion de la cérémonie de présentation de vœux qui a eu lieu dans l’après midi de ce mardi 12 janvier 2021 au siège du parti, sis au quartier Pissy de Ouagadougou, on pouvait presque entendre les mouches voler, n’eût été la sonorisation d’ambiance de la salle. Venus en grand nombre, les hommes de médias avaient hâte de cuisiner l’homme politique qui avait claqué la porte du CDP en 1997, quittant du même coup le pays, avant de revenir sur la scène politique en 2010 comme opposant.

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Mais les journalistes seront très vite déçus car, en dehors de sa déclaration faite pendant la cérémonie de présentation des vœux du nouvel an, le tout puissant Zeph ne dira pas un mot de plus, laissant les hommes de médias sur leur soif. On retiendra donc que l’UPC (Union pour le progrès et le changement), après avoir été un parti d’opposition pendant dix ans et après avoir dirigé l’opposition politique pendant d’abord deux ans (1992-1994), et ensuite pendant cinq ans, ne siège plus au sein de l’opposition politique du Burkina Faso. « Au regard de l’enjeu que la réconciliation nationale représente pour le destin du Burkina Faso, prenant en compte notre position constante sur la question et considérant ce que nous pensons pouvoir apporter comme contribution, vu notre position sur l’échiquier politique nationale avant et après l’insurrection populaire de 2014, notre parti a décidé, de manière souveraine, de répondre favorablement à la demande du président Roch Marc Christian Kaboré », dixit Zéphirin Diabré.

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A l’en croire, cette question a d’abord été tranchée par les responsables et les militants de l’Union. « Tout choix que nous faisons, c’est d’abord à nous mêmes que nous devons rendre compte et à personne d’autre », a soutenu le natif de Gomboussougou (village de Foungou). Poursuivant dans ses explications, le diplômé de l’Ecole supérieure de commerce de Bordeaux (1982) a indiqué que les termes de cette nomination et l’encrage institutionnel qui a été décidé autour de sa formation politique montrent clairement qu’ils ne sont pas sur le registre des ministères classiques derrière lesquels les uns et les autres courent pour on ne sait quel avantage et dont les attributions et l’organisation seraient définies et manipulables à souhait. « Nous sommes dans le registre des missions précises à exécuter aux côtés du président du Faso, en droite ligne avec les engagements qu’il a pris aux lendemains de sa réélection et ce pour le seul bien de ce qui nous est cher, à savoir notre patrie, le Burkina Faso », a-t-il affirmé.

Zéphirin Diabré sur sa nomination

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Remerciant le chef de l’Etat pour la considération qu’il a eue pour son parti, l’ancien chef de file de l’opposition politique a exprimé sa reconnaissance pour la confiance placée en sa personne, confiance qui, selon lui, fait écho au compagnonnage gouvernemental qui les a réunis dès 1992. « Il fait également écho à la confiance qu’il avait placé en moi en me confiant, en 1994, avec l’accord du président Blaise Compaoré, le ministère très stratégique de l’Economie et des Finances dans le gouvernement qu’il avait été appelé à diriger au lendemain d’une dévaluation monétaire historique à tout point de vue et dont tout le monde redoutait les conséquences pour notre pays », a-t-il ajouté. A écouter le nouveau ministre d’Etat, sans une réconciliation sincère des fils et filles de ce pays et sans une cohésion sociale raffermie, le Burkina aura toutes les difficultés à relever les défis qui l’assaillent.

Zalissa Soré

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