Culture

Musique traditionnelle: Oum Kenore ou l’artiste inspirée par les génies

Oum Kenore: ce nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Pourtant, il figure dans le show-biz burkinabè. De son vrai nom Oumou Kenoré, originaire de Kaya, mais vivant à Tanghin-Dassouri, cette artiste fait de la musique traditionnelle. Celle que nous avons reçue dans nos locaux le mercredi 4 février 2026 est d’une résilience sans pareille, ce qui lui permet de tenir dans un milieu du show-biz qu’elle qualifie d’austère. Avec cette héritière d’une famille de griots, nous explorons son univers musical.

Qui est l’artiste-musicienne Oum Kenore?


Je suis Oumou Kenoré. Mon nom d’artiste est Oum Kenore. Nous sommes originaires de Kaya, mais ma famille est actuellement installée à Tanghin-Dassouri. Nous sommes une famille de griots et véritablement des Gadiaga. Le nom Kenoré renferme toute une histoire. De passage un jour, les Blancs (colons) ont vu nos grands- parents qui taillaient un mortier. Par curiosité, ils ont cherché à connaître le nom de l’outil utilisé pour faire ce travail. C’était le kenore; c’est ainsi que le nom nous a été attribué, d’après ce qu’il nous a été dit.


Comment est née votre passion pour la musique ?

Je peux dire que j’ai hérité de ce don de ma mère, qui était chanteuse. Contrairement à certains enfants de mon âge, je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école. Toute petite, j’étais habitée par un esprit ou un génie. Chaque fois à l’école, je m’évanouissais. La nuit, quand je dors, y a des êtres surnaturels (génies ou esprits) qui viennent m’apprendre à chanter. Ils peuvent chanter pendant un bon moment. C’est ainsi que j’ai appris à chanter. Je n’ai pas été initiée à des cours de musique et je ne compose pas non plus. Quand j’entre en studio, l’inspiration me vient tout naturellement et je chante sans problème.

L’artiste en prestation à l’émission COCKTAIL

Depuis combien d’années êtes-vous dans le show-biz?

Cela fait une dizaine d’années que je chante. Quatre (4) années après avoir commencé à chanter, j’avais dû arrêter par manque de soutien financier. Je suis orpheline et je n’avais pas d’appui. C’est après cet épisode difficile que je suis revenue sur la scène.

Quels sont les thèmes que vous abordez dans vos chansons ?

Je fais de la musique traditionnelle pure. Dans mes chansons, je parle de mariage et de paix la paix pour mon pays, le Burkina Faso. Par exemple, en ce qui concerne les mariages, j’invite les couples au pardon. C’est par ce chemin, je pense, qu’on peut préserver la paix dans les couples.

Combien de titres avez-vous à votre actif?

J’ai au total 12 titres. Ils traitent de thèmes variés comme le mariage, la paix et le pardon. Grâce à ces chansons, je fais des prestations. Au début, quand on ne me connaissait pas, mon cachet était de 100 000 FCFA et souvent, certains ne voulaient même pas payer. Aujourd’hui, mon cachet est de 200 000 F CFA.

Comment appréciez-vous le monde musical burkinabè ?

C’est un milieu difficile. Il faut essayer et attendre la grâce de Dieu. Comment vous pouvez comprendre, par exemple, qu’on t’invite pour une prestation et qu’au final on ne te donne même pas de quoi mettre du carburant ? Le plus révoltant, c’est que ceux qui se comportent ainsi sont parfois nos propres collègues.

Qu’est-ce qui vous tient à cœur

D’abord, je demande à la population, aux personnes de bonne volonté de nous soutenir parce que notre milieu est difficile. Ensuite, je voudrais demander à ceux qui nous invitent pour des prestations à respecter leur part du contrat. Enfin, j’invite mes collègues à travailler à nous faire respecter, car l’attitude de certains d’entre nous ne nous fait pas honneur.

Entretien réalisé par Camille Baki

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page