Après la passation de charges qui a eu lieu le 5 mars 2021, le nouveau Chef de file de l’opposition politique, Eddie Komboïgo, a animé sa première conférence de presse ce mardi 4 mai 2021 dans les locaux du CFOP, sis au quartier Zone du bois de Ouagadougou.

Eddie Komboïgo (milieu) a réaffirmé la volonté du CFOP à accompagner le gouvernement, pour peu que le processus soit inclusif et sincère


« Rien ne va au Burkina Faso. Personne ne devrait être fier de diriger un tel pays ». C’est le sentiment du président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Eddie Komboïgo. Il l’a très clairement exprimé dans sa déclaration liminaire. Il en veut pour preuve la récurrence des attaques terroristes et la mal gouvernance économique et sociale. « Le PNDS étant arrivé à terme avec le premier mandat du président Kaboré, le nouveau référentiel de développement est toujours en cours d’élaboration. Pendant ce temps le gouvernement navigue à vue, ce qui entraîne la recrudescence du bradage des marchés ainsi que la montée de la corruption », a-t-il expliqué.

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Pour le nouveau Chef de file de l’opposition politique, le diagnostic fait par le ministre de la Santé sur la gestion de ce département laisse entrevoir des CHR sous équipés, des chantiers mal exécutés ou des infrastructures inachevées alors que les marchés y afférents ont été passés à coûts de milliards de francs CFA.

Par ailleurs, la détérioration du climat des affaires et la fermeture des entreprises sont autant d’éléments qui l’amènent à se demander où sont passés les milliards de FCFA débloqués pour soutenir les sociétés en difficultés à cause de la covid 19. Eddie Komboïgo n’a pas non plus occulté la fermeture des frontières terrestres qui entraîne l’augmentation des prix de certains produits de grande consommation. « Le front social se radicalise de plus en plus. Mal entreprises, les réformes dans le secteur de l’éducation menacent la bonne tenue de l’année scolaire », a-t-il déclaré. À cela s’ajoute, selon lui, les grèves justifiées de braves travailleurs, la manifestation des populations de la région de l’Est et la question foncière qui risque bientôt d’être une bombe sociale.

Les recommandations des partis membres du CFOP

Interrogé sur les vidéos faisant état de terroristes qui négocient avec les populations dans certaines localités, Eddie Komboïgo a qualifié cela de choquant. Pour lui, le gouvernement doit travailler à avoir une politique de défense sérieuse, non seulement en bandant les muscles mais en donnant aussi une place au dialogue. Si certains estiment qu’il y a eu une accalmie lors des élections, le président du CDP, lui, n’est pas de cet avis. « Peut-être que l’Etat, à travers son armée, avait pris des positions qui ne facilitaient pas la progression des terroristes », a-t-il émis comme hypothèse, estimant que cette guerre dite asymétrique est de plus en plus banalisée. L’État ne prenant même plus la peine de communiquer sur la question, a-t-il fait remarquer. Au regard de toutes les difficultés que vivent les Burkinabè, le candidat du CDP à la présidentielle du 22 novembre 2020 a estimé qu’il n’y a pas de fierté à diriger un tel pays.

Pour le chef de file de l’opposition, le ministre d’Etat en charge de la Réconciliation nationale, Zéphirin Diabré, cherche encore ses marques

« Votre CFOP sera-t-il différent de ceux que nous avons déjà connus ? N’aurons-nous pas une fois de plus affaire à une opposition bourgeoise ? Quelles sont vos perspectives ? Comptez-vous poser des actions concrètes ou allez-vous passer votre temps à animer des conférences de presse ? » Voilà autant de questions à travers lesquelles les journalistes ont titillé le nouveau chef de file de l’opposition. Il leur a répondu sur un ton amusant : « Je ne sais pas ce que c’est qu’une opposition bourgeoise. Je ne vous suivrai pas dans vos propos injurieux vis-à-vis de mon prédécesseur qui, d’ailleurs, est ministre d’Etat chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale ». En plus de cela, il a ajouté qu’une opposition est une opposition : « Nous sommes une opposition qui travaillera à répondre aux attentes des populations. Nous n’allons pas vous fatiguer avec des conférences de presse hebdomadaires. Elles seront trimestrielles. Cependant, si le besoin se fait sentir, nous nous exprimerons sans hésiter. S’il faut sortir marcher ou organiser des meetings, nous le ferons. Mais, on vient à peine de s’installer, on vient d’avoir une partie de notre budget, accordez-nous encore un peu de temps ».

Zalissa Soré

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