Au cours d’une conférence de presse qui a eu lieu ce vendredi 2 avril 2021 à Ouagadougou, les premiers responsables de L’UNDD (Union nationale pour la démocratie et le développement) et le FPR (Front patriotique pour le renouveau), respectivement Me Herman Yaméogo et Dr Aristide Ouédraogo, se sont posé mille et une questions : le CFOP (Chef de file de l’opposition politique) est-il brusquement devenu un démembrement du MATD (ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation) ? Y a-t-il une intention déguisée de contrôler toute une opposition à travers une seule personne (CFOP) ?

Les présidents de l’UNDD et du FPR, respectivement Me Herman Yaméogo (à gauche) et Dr Aristide Ouédraogo

Pour comprendre les raisons de ce questionnement, il convient de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. En effet, si vous vous en souvenez, le ministre en charge des Libertés publiques avait demandé aux partis politiques de faire une déclaration écrite publique de leur appartenance à l’opposition ou à la majorité. « Chose que L’UNDD et le FPR ont fait avant le délai imposé. Nous avons dit que nous sommes de l’opposition et nous avons en sus précisé que nous ne sommes pas affiliés au CFOP) Ce qui ne veut pas dire que nous balayons l’organisation du revers de la main », a indiqué le Dr Aristide Ouédraogo.

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C’est alors que les deux formations ont reçu des correspondances du ministre, Clément P. Sawadogo, correspondances dont les conclusions, peuvent être ainsi résumées : « En l’espèce, au vu de votre déclaration, le FPR et L’UNDD sont des partis de l’opposition politique ».

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Pour les deux conférenciers qui affirment être les seuls à avoir reçu de telles notifications, c’est un recul pour la démocratie. Ils s’appuient en l’occurrence sur la modification de l’alinéa 1er de la loi n°009-2009/AN du 14 novembre 2009 portant statut de l’opposition politique qui disposait en son article 4 que « pour être un parti de l’opposition, il faut faire une déclaration officielle de son appartenance à l’opposition et la transmettre au Chef de file de l’opposition ».

Suite à des plaintes portées au niveau du CCRP (Comité consultatif sur les réformes politiques), ladite loi a fait l’objet de modification en 2013 par la loi n°046-2013/AN qui dispose que « tout parti politique doit faire une déclaration écrite publique de son appartenance à l’opposition ou à la majorité avec copie au ministre en charge des Libertés publiques pour enregistrement ».

Il n’a jamais été question de mettre dans un même moule tous les partis de l’opposition

Selon leur interprétation, c’est une manière de leur demander de rentrer dans les rangs. Estimant ne pas être en désaccord avec les textes, ils ne comptent pas changer leur position qui, selon eux, n’est pas liée à des considérations subjectives. « Ce n’est pas parce qu’il y a Pierre ou Paul au CFOP que nous réagissons comme nous le faisons. Ce sont des questions de principe », a souligné Me Herman Yaméogo. Et le Dr Ouédraogo d’ajouter : « En démocratie, le rôle de contre-pouvoir est extrêmement important ». Il précisera également que cette sortie n’est pas dirigée contre l’existence du CFOP et encore moins contre qui que ce soit. Pour lui, il s’agit juste de présenter les faits à l’opinion publique.

Zalissa Soré

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