Mohamed Bazoum, vainqueur de la dernière élection présidentielle au Niger, avec 55,75% des voix, a été investi ce 2 avril 2021. Dans son discours d’investiture, celui qui présidera à la destinée du pays au cours des cinq prochaines années a dit être conscient des nombreux défis qu’il aura à relever, au nombre desquels la sécurité. Mais qu’à cela ne tienne, «le Niger a devant lui un bel avenir », s’est convaincu le successeur de Mahamadou Issoufou.  

Mohamed Bazoum, lors de son discours d’investiture

Ça y est. Le relais est passé entre le désormais ex-président du Niger, Mahamadou Issoufou et son successeur Mohamed Bazoum. La toute première passation pacifique du pouvoir entre deux présidents nigériens démocratiquement élus. C’est dire donc que c’est un évènement historique que le Centre international de conférence Mahatma Gandhi de Niamey a abrité ce 2 avril 2021.

Un évènement tout aussi historique que porteur d’espoir, cette investiture de Bazoum en est un, car intervenant dans un contexte où les attaques menées contre le pays par des groupes armés terroristes sont récurrentes. L’une des dernières en date est celle perpétrée dans trois villages de la région de Tahoua quelques deux semaines plus tôt et qui a fait au moins 140 morts.

Comme il fallait donc s’y attendre, Mohamed Bazoum, dans son discours d’investiture a cité la question de la sécurité comme l’un des gros défis de son mandat, lui qui décrit le terrorisme comme « un vrai malheur » pour son pays. Ce malheur, selon le fraîchement investi, a ses bases hors du Niger : Boko Haram au Nigéria voisin, l’Etat islamique au grand Sahara (EIGS) dans certaines régions du Mali. Comment le nouveau chef de l’Etat s’y prendra ?

Contre Boko Haram qui a déstabilisé l’économie dans la région de Diffa avec 130 000 refugiés et 105 000 déplacés internes, l’ambition de Bazoum est « d’engager des discussions avec les autorités du Nigéria, celles de l’Etat de Borno en particulier,  pour créer les conditions de retour de tous les réfugiés dans leurs pays », mais aussi un retour de tous les déplacés internes dans leurs villages respectifs.

S’agissant de l’EIGS, qui a ses bases en territoire malien, dans les régions de Gao et de Ménaka,  selon Mohamed Bazoum, le combat contre ce « groupe criminel » sera, dit-il, « très difficile aussi longtemps que l’Etat malien n’aura pas exercé la plénitude de sa souveraineté sur ces régions ». Et la situation actuelle du mali ayant un impact direct sur la sécurité intérieure du Niger, selon le natif de Diffa, “l’agenda diplomatique du Niger sera centré sur le  Mali”, et ce, dans le cadre d’une coordination étroite avec les pays du G5 Sahel, l’Algérie, la France, les Etats-Unis et les autres membres permanents du Conseil de sécurité.

Bazoum l’a promis : «  A Diffa, comme à Tilabéri et à Tahoua, j’engagerai les actions qu’il faut pour mettre rapidement fin aux souffrances des populations dont la vie est empoisonnée par des rapts, les paiements de rançons, le paiement de l’impôt aux groupes terroristes, les extorsions, les enlèvements des animaux et les crimes systématiques ».

A côté de ce défi de la sécurité, l’ex-ministre de l’Intérieur a aussi pris l’engagement de ne pas occulter d’autres comme l’éducation et la lutte contre la corruption. Ce changement annoncé ne sera-t-il pas plutôt la continuité ? Plus d’un se le demandent, d’autant plus que le PNDS-Taryya, parti de Mohamed  Bazoum est aussi celui de Mahamadou Issoufou qui a dirigé le Niger les dix dernières années.

Bernard Kaboré

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