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Ouverte le vendredi 23 janvier 2026 au Tribunal de grande instance Ouaga I, la session judiciaire du PÃŽle Ãconomique et Financier (ECO-FI) sâest poursuivie le lundi 26 janvier avec lâexamen de plusieurs dossiers sensibles, dont celui opposant le ministÚre public à OUEDRAGO Tasséré et vingt autres prévenus. Les personnes poursuivies comparaissent pour des faits de proxénétisme et traite de personnes.
Au cours de lâaudience, Noé Dofini DAKIO, Substitut du Procureur du Faso prÚs le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, a tenu à apporter des éclairages sur la portée juridique des infractions reprochées. Il précise que les poursuites visent ceux qui organisent, facilitent ou tirent profit de cette activité, notamment les propriétaires et gérants des lieux concernés. Sâagissant de la traite de personnes, le substitut a indiqué quâelle se caractérise, en lâespÚce, par lâexistence des réseaux qui recrutent, transportent, hébergent et exploitent avec ou sans violence des jeunes filles de nationalité étrangÚre à qui on a initialement et fallacieusement promis des emplois dignes, notamment dans la restauration.
A la barre, les prévenus ont adopté des positions contrastées : certains ont reconnu sans ambages les faits dans leur intégralité, tandis que dâautres les ont partiellement admis ou catégoriquement niés. Des tenanciers dâauberges et des gérants de débits de boisson ont ainsi exposé les modalités de fonctionnement de leurs établissements, évoquant les tarifs pratiqués, les revenus perçus et lâorganisation interne, éléments que le parquet a confrontés à leurs déclarations faites au cours de lâenquête préliminaire.
Les débats ont également été marqués par des témoignages révélateurs sur lâampleur et lâancienneté du phénomÚne. Un voisin des lieux incriminés, entendu en qualité de victime, a indiqué que la prostitution se serait installée dans le quartier depuis 2004 à travers la création d’une « Chambre de passe », au grand dam des riverains, dénonçant au passage des menaces et la prolifération de stupéfiants.
Plusieurs témoins, âgés de 19 à 26 ans, tous de nationalité étrangÚre et se livrant à la prostitution à Ouagadougou, ont également comparu, apportant des éléments sur leurs conditions de vie et leurs activités. Face à ces révélations, le ministÚre public a exprimé avec fermeté et son indignation, rappelant que le Burkina Faso ne saurait être un espace de non-droit ou de déversement de pratiques contraires à la dignité humaine. « Pourquoi vous ne faites pas Ãa chez vous ? Vous pensez que le Burkina Faso est une poubelle ? » retorque le parquet.
Notons que les poursuites ont concernées les propriétaires et les tenanciers de plusieurs sites de prostitution notamment le tristement célÚbre site de  » Allatikouma « .
Sur le site d’Allatikouma uniquement, ont été recensé plus de 200 prostituées dont 20 mineurs. La plupart dâentre elles étaient contraintes de se prostituer. Elles y étaient obligées de donner 3000FCA par jour au gérant dudit site.
Au terme des auditions, le tribunal a décidé de suspendre lâaudience. Elle sera reprise ce vendredi 30 janvier 2026 à 8 heures et sera consacrée à la constitution des parties civiles, aux réquisitions du ministÚre public ainsi quâaux plaidoiries des avocats.
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