Politique

Dysfonctionnements dans l’armée : « Monsieur le président, débarrassez-vous des bois morts », Me Bénéwendé Stanislas Sankara

Au cours d’une conférence de presse qui a eu lieu  ce samedi 20 novembre 2021 à Ouagadougou, l’Union pour la renaissance-Mouvement patriotique sankariste (UNIR-MPS) s’est prononcée sur la situation sécuritaire, le seul sujet à l’ordre du jour.

Au milieu, le président de l’UNIR-MPS, Me Bénéwendé Stanislas Sankara

Se refusant à épiloguer sur les causes du terrorisme au Burkina et rappelant les mesures qui ont été prises par les autorités dans le cadre de la lutte contre ce phénomène, le président de ce parti, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, a estimé que l’attaque d’Inata,  même si elle n’est pas la plus meurtrière, est certainement la plus honteuse, la plus humiliante et celle qui met à nu les insuffisances de l’Etat. « Nous ne sortirons victorieux que si nous transformons notre colère légitime en opportunité de réformes véritables de nos forces de défense et de sécurité et en révolte contre l’ennemi et non contre nous-mêmes », a-t-il indiqué.

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S’adressant au président du Faso, Me Sankara a voulu lui faire comprendre qu’il a la légitimité et la légalité nécessaire pour secouer le cocotier pour se débarrasser des bois morts. L’homme politique est en effet convaincu que cela va permettre d’asseoir une armée digne, professionnelle  et capable de garantir la victoire que le peuple attend. « Le métier des armes comporte des risques, et ceux qui les fuient, quels que soient leurs grades, doivent céder la place aux plus téméraires et aux patriotes sincères », a-t-il déclaré, réitérant le soutien sans faille de son parti au chef de l’Etat, tout en lui demandant d’entreprendre, en tant que chef suprême des armées et garant de l’unité nationale, les restructurations militaire et administrative que la situation exige. A  ce titre, poursuit le conférencier, la Constitution du Burkina Faso prescrit que le « président du Faso décrète, après délibération en Conseil des ministres, l’état de siège et l’état d’urgence ».

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Le président de L’UNIR/MPS s’est également adressé à la classe politique, à la société civile, aux populations en général et aux Burkinabè de la diaspora pour rappeler à tous la nécessité de se battre ensemble contre le terrorisme et d’être solidaires aux FDS.

Interrogé par les journalistes sur les questions de complicité dans l’armée, le conférencier a ainsi eu l’occasion de revenir sur le Régiment de sécurité présidentielle. « Où sont les éléments du RSP ? Ils ont été reversés dans l’armée. Vous savez ce qu’ils font? Croyez-vous qu’ils étaient contents de cette situation? Pourquoi on avait demandé la dissolution de ce corps? C’était justement du fait de comportements antirépublicains… A l’instant T, des documents jugés secret défense se retrouvent dans la presse, notamment étrangère. Si ce problème n’est pas résolu, on n’aura pas de sécurité dans l’armée », a-t-il expliqué.

Me Bénéwendé Sankara sur le convoi de l’armée française bloqué à Kaya

Pour lui, il faut confier l’opérationnel aux jeunes officiers qui ont fait leur preuve pendant l’insurrection et lors « du coup d’Etat le plus idiot du général Gilbert Diendéré ». Si l’on se réfère à son argumentaire, il faut dénoncer cette armée bureaucratique qui pense qu’on peut gagner la guerre en restant dans les salons feutrés. A l’en croire, il y a nécessité d’aller vers la mise à la retraite de tous ceux qui sont inutiles, notamment ceux qu’il appelle les bois morts.

Zalissa Soré

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